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Apprendre à vivre ensemble

Et si on sortait du schéma classique de punitions-récompenses ? Au lieu de créer une culture de comparaison et de compétition, nous devrions créer une culture d’accueil et d’empathie.

Nous allons remplacer l’accumulation de savoirs, dénués de sens, par l’acquisition de compétences dont on aura besoin pour les métiers de demain : un esprit de coopération, l’innovation, la créativité, la motivation intrinsèque, l’adaptabilité, l’autonomie, la curiosité, la persévérance, la capacité à la prise de décision, la prise de risques, la volonté de faire par soi-même et de faire des choses qui ont du sens.

Accueillir avec empathie

De plus en plus d’études montrent qu’un environnement multi-âge favorise l’empathie et la coopération. A l’École Holisée, le groupe hétérogène privilégie la coopération et le tutorat entre enfants d’âges et milieux différents. Un groupe d’enfants âgés entre 4 et 8 ans (3 à 11 ans à terme) interagit au quotidien avec des adultes de toutes les générations. Ainsi, chaque enfant fait partie d’une famille, d’une communauté où il se sent libre de communiquer, d’exprimer ses besoins, ses sentiments, ses émotions et où il sera écouté. Il agit pour le groupe, la communauté, ce qui lui procure un réel sentiment de responsabilité, de confiance et d’estime de soi.

Savoir vivre ensemble

Apprendre, c’est aussi vivre avec les autres, respecter les règles pour garantir la sécurité physique et affective de tous. C’est à l’école que nos enfants vont être le plus souvent, et le plus longtemps, confronté à cet apprentissage.

  • Apprendre à vivre avec les autres
  • Apprendre des autres
  • Développer sa capacité à se mettre en lien et communiquer

C’est donc à l’école que l’enfant va jouer, répéter, s’entraîner à devenir l’être social qui plus tard travaillera et participera à la vie collective.

Sans punition, ni récompense

Nous savons que la punition est contre-productive. Elle crée une ambiance de peur, de tristesse, d’incompréhension, nuisant à une relation de confiance entre l’adulte et l’enfant. A force de recevoir des sanctions, l’enfant finit par être convaincu de l’image que l’adulte fait de lui. C’est lorsque l’enfant voit ses besoins respectés, lorsqu’il peut exprimer ses désaccords, lorsque les règles sont établies avec du sens et collectivement, les situations problématiques deviennent de moins en moins fréquentes.

Les situations problématiques donnent lieu à des échanges puis à des règles élaborées collectivement qui peuvent être remises en question par le groupe de manière permanente et tant que l’on en a besoin. Lorsqu’une règle n’est pas respectée, nous privilégions la privation ou la limitation de liberté temporaire.

Temporaire car il y a l’idée (importante) de confiance en l’enfant qu’on lui révèle de fait. On part d’emblée du principe que la privation temporaire va permettre à l’enfant de prendre conscience et de grandir. À l’issu de ce laps de temps, la privation saute, non pas parce que la sanction doit s’arrêter un jour, mais parce qu’elle ne sert plus puisque il y a eu une prise de conscience, une maturation de l’enfant.

C’est la même chose qu’une erreur quelle qu’elle soit, une tentative qui n’a pas abouti mais qui contribue au cheminement de l’apprenant pour avoir la réponse ou l’attitude adéquat. Toute erreur doit permettre d’apprendre et de grandir. La privation ou la limitation de liberté temporaire permet à l’apprenant d’apprendre de son erreur via la prise de conscience, la maturation, la réflexion.

Le respect mutuel

L’école sans punition ni récompense repose sur une relation enfant /adulte fondée sur le respect mutuel. Cette méthode se base sur la volonté de transmettre à l’enfant les conséquences de ses comportements puis de trouver par lui-même une façon de réparer la relation mise à mal. Le rôle des enseignants, accompagnants, parents est d’aider nos enfants à comprendre ce qui se passe en eux, afin que nos enfants :

  • soient capables de répondre avec confiance et créativité aux défis de la vie
  • aient appris à se connaître intimement
  • soient prêts à se remettre en cause
  • soient capables de ressentir et d’exprimer leurs émotions tant pour eux-mêmes que pour les autres
  • puissent s’insérer dans un esprit de coopération
  • possèdent des moyens pour gérer leurs problèmes et leurs souffrances
  • aient intégrés une réelle capacité d’attention et de présence à l’instant.

L’adulte prendra soin :

  • d’écouter les émotions de l’enfant et de reconnaître ses sentiments
  • de chercher à comprendre le besoin de l’enfant
  • d’émettre un message « je » en exprimant ses sentiments et ses besoins sans véhiculer ni reproche ni jugement face à un comportement inacceptable
  • de guider l’enfant vers une résolution de conflit où les solutions conviennent à tous.
  • Donner des consignes plutôt que des interdits. Si l’enfant court ou saute dans la classe : « tu as le droit de courir/sauter à l’extérieur. »

Ces solutions aident l’enfant à devenir autonome, responsable, à faire preuve d’autodiscipline et de maîtrise de soi.

Une éducation « au vivre ensemble » est d’abord une culture de l’autre et de la rencontre. L’École Holisée est fondée sur : la responsabilisation, la convivialité, l’envie de faire, l’esprit critique, la connaissance de l’autre et la positivation des différences. Il s’agit d’une approche plus globale de l’enseignement, qui prend en considération le plein potentiel de l’être humain. Comme Jean-Philippe Faure, nous croyons dans une école qui prend réellement en compte les besoins et motivations des enfants, l’apprentissage du vivre ensemble et la découverte de soi-même. 

“L’éducation juste cultive notre être tout entier, la totalité de notre âme.” Krishnamurti

Références :

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